La montagne, ici, commence au bout du chemin. C'est une chance — et une raison de partir préparé, parce que les secours mettent forcément plus de temps à arriver qu'en ville.
Avant de partir
- Regardez la météo, et regardez-la à nouveau le matin même. En montagne, elle change vite, surtout l'après-midi en été.
- Dites où vous allez et à quelle heure vous rentrez. C'est le geste qui sauve le plus de temps aux secours.
- Chargez votre téléphone. Et sachez qu'il n'y aura pas forcément de réseau : le 112 passe sur n'importe quel réseau disponible, même sans carte SIM active.
- Adaptez l'itinéraire au plus faible du groupe, pas au plus fort.
- Partez tôt. Les orages d'été arrivent typiquement en début d'après-midi.
L'eau : le vrai sujet
La déshydratation est le problème le plus fréquent, et le plus sous-estimé. En altitude, on se déshydrate plus vite : l'air est sec, on respire plus, et on a moins soif alors qu'on perd davantage.
- Comptez au minimum 1,5 L par personne pour une demi-journée, davantage par forte chaleur.
- Buvez régulièrement, avant d'avoir soif. La soif est déjà un signe de retard.
- Les signes d'alerte : maux de tête, urines foncées, crampes, fatigue anormale, irritabilité.
Le soleil d'altitude
Le rayonnement UV augmente d'environ 10 % tous les 1 000 mètres. Et la réverbération sur la roche claire ou la neige ajoute encore.
- Crème solaire SPF 50, renouvelée toutes les deux heures, sans oublier le dessous du menton et le nez.
- Lunettes de soleil catégorie 3 ou 4. Sur neige, c'est indispensable : une ophtalmie des neiges est très douloureuse.
- Chapeau ou casquette, tee-shirt qui couvre les épaules.
Coup de chaleur : savoir le reconnaître
C'est une urgence vitale, à ne pas confondre avec un simple coup de fatigue.
| Épuisement dû à la chaleur | Coup de chaleur | |
|---|---|---|
| Peau | Moite, pâle | Chaude, sèche, rouge |
| Conscience | Normale | Confusion, propos incohérents |
| Température | Modérée | Très élevée |
| Conduite | Ombre, eau, repos | Appeler le 15, refroidir immédiatement |
La peau qui cesse de transpirer par forte chaleur, avec une confusion : c'est le signe grave. Mettez la personne à l'ombre, refroidissez-la (eau, linges humides) et appelez le 15.
Les incontournables du sac
- Eau en quantité, et de quoi manger (fruits secs, barres)
- Trousse de secours : pansements, compresses, désinfectant, bande élastique
- Pansements anti-ampoules — à poser dès que ça chauffe, pas quand la cloque est formée
- Crème solaire, lunettes, chapeau
- Couverture de survie : quelques grammes, très efficace en cas d'attente
- Vêtement chaud et coupe-vent, même en été : il peut faire 15 °C de moins au sommet
- Lampe frontale, si le retour traîne
- Vos médicaments habituels, dont Ventoline si vous êtes asthmatique
Entorse de cheville : les bons gestes
C'est la blessure reine de la randonnée. Le protocole tient en quatre gestes : repos, glace (ou eau froide), compression, élévation.
Ne remettez pas la chaussure si vous l'avez retirée et que la cheville gonfle : vous ne la remettrez plus. Si l'appui est impossible, ne forcez pas — appelez.
Appelez le 112 (ou le 15) si
- Impossibilité de poser le pied ou de progresser
- Traumatisme de la tête, perte de connaissance même brève
- Confusion, propos incohérents
- Douleur dans la poitrine, essoufflement inhabituel
- Vous êtes perdu et la nuit approche
Ne minimisez pas. Un appel à 16 h vaut infiniment mieux qu'un appel à 21 h dans le noir. Restez sur place, rendez-vous visible, couvrez-vous.
Ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. En cas d'urgence en montagne, appelez le 112 ou le 15.
